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Conduite du changement organisationnel
Plan

Piloter le changement

Quelle formation pour la conduite du changement ?

· 5 min de lecture

Salle de formation vide, tables alignées face à l’écran de projection

Le changement est une étape déstabilisante pour toute entreprise. Il est pourtant indispensable pour s’adapter à un environnement qui évolue sans cesse : nouveaux outils, nouvelles attentes des clients, réorganisations, rapprochements. Pour bien accompagner un changement en entreprise, l’intuition et la bonne volonté ne suffisent pas toujours. Une formation à la conduite du changement permet de préparer la transformation, d’anticiper les pièges et de mener le projet avec méthode.

L’offre est variée. Certaines formations enseignent une méthodologie outillée de conduite du changement : diagnostic, plans d’action, communication, suivi. D’autres mettent l’accent sur l’intelligence collective, le management de la transformation et le leadership, ou abordent le changement sous l’angle d’un métier précis : ressources humaines, relation client, systèmes d’information. Pour s’y retrouver, il faut d’abord savoir qui l’on veut former, et dans quel but.

À qui s’adresse une formation à la conduite du changement ?

Tous les acteurs d’un projet de transformation n’ont pas les mêmes besoins :

  • les dirigeants et les sponsors, qui décident du changement et doivent en porter le sens ;
  • les managers de proximité, en première ligne face aux questions et aux inquiétudes de leurs équipes ;
  • les chefs de projet, qui doivent intégrer la dimension humaine à leur planning ;
  • les équipes des ressources humaines, sollicitées sur les compétences, l’organisation du travail et le dialogue social ;
  • les relais ou référents du changement, choisis dans les équipes pour faire le lien avec le terrain.

Une formation utile tient compte de ce rôle. Un dirigeant a besoin de mesurer ce que sa posture change pour les équipes ; un manager a surtout besoin de repères concrets pour accompagner son équipe dans les semaines qui viennent.

Les contenus types d’une formation conduite du changement

Les programmes varient, mais on y retrouve souvent les mêmes briques :

  1. Comprendre les réactions humaines face au changement : pourquoi la résistance est normale, comment elle se manifeste, comment l’accueillir. La courbe du changement, dite aussi « courbe du deuil » parce qu’elle s’inspire des travaux d’Elisabeth Kübler-Ross, sert fréquemment de support à cette partie.
  2. Connaître les grands modèles : les trois phases décrites par Kurt Lewin (dégel, changement, regel), les huit étapes proposées par John Kotter et d’autres grilles de lecture qui aident à structurer une démarche.
  3. Diagnostiquer : mesurer les impacts du projet sur chaque population, repérer les soutiens et les opposants, évaluer le degré de préparation de l’organisation.
  4. Construire le plan d’accompagnement : communication, formation, implication des équipes, traitement des résistances.
  5. Piloter et mesurer : choisir des indicateurs, suivre l’adoption, ajuster en cours de route. Les participants y découvrent des outils de conduite du changement simples à réutiliser.
  6. Travailler sa posture : écouter, expliquer, tenir le cap sans passer en force.

Quels formats de formation choisir ?

  • L’inter-entreprises : des participants venus de plusieurs organisations suivent le même programme. On y gagne la richesse des échanges et du recul sur d’autres contextes ; on y perd l’adaptation fine à votre projet.
  • L’intra-entreprise : le programme est conçu pour une seule organisation, souvent pour une équipe entière. Il permet de travailler sur vos cas réels et de créer un langage commun entre managers.
  • La formation à distance : classes virtuelles et modules en ligne offrent de la souplesse et conviennent bien aux apports théoriques. Les mises en situation et les échanges y demandent en revanche davantage d’animation.
  • L’accompagnement sur un projet réel : parfois appelé formation-action, il consiste à apprendre en conduisant son propre projet, avec des temps d’apport et d’analyse entre deux étapes. C’est souvent le format qui laisse le plus de traces dans la pratique.

Ces formats se combinent volontiers : une base théorique à distance, par exemple, puis des ateliers en présentiel appliqués au projet de l’entreprise.

Comment choisir sa formation ?

Quelques questions simples aident à faire le tri :

  • Quel est l’objectif ? Acquérir une méthode générale, préparer un projet précis ou faire évoluer la posture des managers ne demandent pas le même programme.
  • Quelle est la part de pratique ? Les cas concrets, les mises en situation et le travail sur vos propres projets comptent davantage que le nombre de modèles présentés.
  • Qui anime ? Privilégiez des intervenants qui ont eux-mêmes conduit ou accompagné des transformations, et qui savent en parler avec leurs échecs comme avec leurs réussites.
  • Qu’est-ce qui est prévu après ? Un suivi, un retour d’expérience quelques semaines plus tard ou un accompagnement ponctuel favorisent la mise en pratique.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Former trop tard, une fois le changement annoncé, voire déployé : les managers découvrent la méthode au moment où ils en ont le plus besoin et le moins de temps pour l’appliquer.
  • Former uniquement à l’outil : apprendre à se servir d’un nouveau logiciel ne dit rien de la manière d’accompagner ceux qui devront l’adopter.
  • Former les managers sans la direction : si le sponsor ne partage pas les mêmes repères, les managers se retrouvent seuls à porter un discours qu’il ne relaie pas.
  • Confondre formation et communication : une réunion d’information n’est pas une formation, et ne remplace pas le dialogue avec les équipes.
  • S’en tenir à une session unique : sans occasion de pratiquer ni de revenir sur les difficultés rencontrées, les acquis s’effacent vite.

Le MBTI comme outil d’accompagnement du changement

Certaines formations s’appuient aussi sur des outils de connaissance de soi. C’est le cas du MBTI (Myers-Briggs Type Indicator), conçu par Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers à partir des Types psychologiques de Carl Gustav Jung, publiés en 1921. L’indicateur décrit des préférences selon quatre dimensions : extraversion ou introversion, sensation ou intuition, pensée ou sentiment, jugement ou perception. Leur combinaison donne seize types.

Dans un contexte de changement, découvrir son type MBTI aide à comprendre pourquoi certains ont besoin de faits et de détails concrets quand d’autres veulent d’abord la vision d’ensemble, ou pourquoi certains réfléchissent à voix haute tandis que d’autres prennent du recul avant de s’exprimer. C’est un outil de connaissance de soi et de dialogue, pas un test de compétence : il ne dit pas si quelqu’un est capable de conduire un changement, ni s’il y résistera.