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Leadership et coaching

Qu’est-ce que le coaching professionnel ?

· 5 min de lecture

Main qui assure la corde d’un grimpeur progressant sur une dalle rocheuse

Prise de poste, évolution de carrière, tensions dans une équipe, réorganisation : à certaines étapes de la vie professionnelle, il est difficile de tout maîtriser seul. Beaucoup font alors appel à un coach. Le coaching professionnel est un accompagnement individualisé qui aide une personne, ou une équipe, à atteindre des objectifs professionnels qu’elle s’est elle-même fixés. Quel est le rôle du coach et comment procède-t-il ? Voici l’essentiel.

Coaching professionnel : origine

Le mot « coach » vient du français « coche », qui désignait une grande voiture tirée par des chevaux : l’image est celle d’un véhicule qui conduit quelqu’un d’un point à un autre. L’anglais a repris le terme et, au XIXe siècle, les étudiants des universités britanniques appelaient ainsi le répétiteur qui les préparait aux examens. Le mot s’est ensuite imposé dans le sport pour désigner l’entraîneur.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, la pratique passe du terrain de sport au monde de l’entreprise, d’abord aux États-Unis, puis en Europe. Aujourd’hui, le coaching professionnel s’exerce surtout dans le cadre du travail : il part des besoins professionnels de la personne et l’aide à développer son potentiel et ses savoir-faire. Lorsqu’il s’adresse aux dirigeants et aux cadres supérieurs, on parle d’executive coaching.

Comment définit-on le coaching professionnel ?

Le coaching professionnel est un accompagnement structuré, mené par un coach, qui aide une personne, le coaché, à atteindre ses objectifs professionnels. Le coach établit avec son client une relation de confiance afin de comprendre sa situation, son fonctionnement, ses ressources et ses craintes. Il ne travaille pas à sa place : par ses questions, ses reformulations et ses retours, il l’aide à prendre du recul, à clarifier ce qu’il veut et à construire ses propres solutions.

En termes plus simples, le coaching professionnel est un accompagnement fondé sur des méthodes précises, qui vise à faire émerger le potentiel et les capacités d’une personne. Selon les situations, le coach s’appuie sur l’entretien, sur des mises en situation ou sur des outils de connaissance de soi.

Ce que le coaching professionnel n’est pas

Le coaching est souvent confondu avec d’autres formes d’accompagnement. Trois distinctions aident à y voir clair.

  • Ce n’est pas une thérapie. Le coaching porte sur la vie professionnelle, sur le présent et sur l’action. Il ne soigne pas une souffrance psychique. Lorsqu’une difficulté relève du soin (épuisement, dépression, traumatisme), un coach sérieux oriente la personne vers un médecin ou un psychothérapeute.
  • Ce n’est pas du conseil. Le consultant apporte son expertise et formule des recommandations. Le coach, lui, ne donne pas la solution : il aide le coaché à trouver la sienne, qu’il mettra d’autant plus facilement en œuvre qu’il l’a construite lui-même.
  • Ce n’est pas une formation. Un formateur transmet un contenu défini à l’avance. Le coaching n’a pas de programme : il part des situations réelles de la personne, qui apprend en expérimentant entre deux séances.

On le distingue aussi du mentorat, dans lequel une personne plus expérimentée partage son parcours et ses conseils avec une personne qui débute.

Quelle est la démarche du coaching professionnel ?

Chaque accompagnement est unique, mais on retrouve généralement les mêmes étapes.

  1. La demande. Lors d’un premier entretien, le coach cherche à comprendre ce que la personne veut : il analyse avec elle l’écart entre sa situation actuelle et celle qu’elle souhaite atteindre. Cet échange permet aussi de vérifier que les deux peuvent travailler ensemble.
  2. Le contrat. Il fixe les objectifs, le nombre et le rythme des séances, les règles de confidentialité et le rôle de chacun. En entreprise, il est souvent tripartite : il associe le coaché, le coach et l’employeur qui finance l’accompagnement, représenté par le manager ou par les ressources humaines. Ce cadre protège les deux parties, puisque chacun sait ce qui est attendu et ce qui restera confidentiel.
  3. Le diagnostic. Il consiste à faire le point sur les ressources personnelles et relationnelles du coaché, sur ses points d’appui et sur ce qui le freine.
  4. Les séances. Espacées de quelques semaines, elles se déroulent dans un cadre neutre, propice à la réflexion. Entre deux rendez-vous, le coaché met en pratique ce qu’il a décidé : c’est là que le changement se produit.
  5. Le bilan. À la fin de l’accompagnement, et parfois à mi-parcours, on évalue la progression au regard des objectifs de départ. En entreprise, un point final avec le commanditaire clôt souvent le dispositif.

L’ensemble s’étale le plus souvent sur quelques mois. Un bon objectif de coaching est formulé par le coaché lui-même, concret et observable : « déléguer davantage pour me consacrer aux sujets de fond » est plus utile que « devenir un meilleur manager ». Il doit aussi dépendre de la personne, et non de décisions qui lui échappent.

Coaching individuel, d’équipe ou d’organisation

Le coaching professionnel prend plusieurs formes.

  • Le coaching individuel accompagne une personne : prise de poste, développement du leadership, gestion des priorités, préparation d’une évolution ou d’une transition professionnelle.
  • Le coaching d’équipe s’adresse à un collectif qui travaille ensemble. Il porte sur son fonctionnement : sa manière de décider, de coopérer, de traverser les tensions. Il ne se confond pas avec une journée de team building, car il s’inscrit dans la durée et travaille sur les situations réelles de l’équipe.
  • Le coaching d’organisation accompagne une entreprise ou un service dans une transformation plus large, en travaillant à la fois avec les dirigeants et avec les équipes concernées.

Certaines grandes organisations vont plus loin et forment leurs propres coachs internes, qui accompagnent les collaborateurs aux côtés de coachs externes.

Déontologie : bien choisir son coach

En France, le coaching n’est pas une profession réglementée : aucun diplôme n’est exigé pour exercer et n’importe qui peut se présenter comme coach. Il revient donc au client de vérifier plusieurs points avant de s’engager :

  • la formation du coach et son expérience de situations professionnelles comparables à la vôtre ;
  • sa supervision : un coach sérieux fait régulièrement analyser sa pratique par un pair expérimenté ;
  • son adhésion à un code de déontologie, par exemple celui d’une fédération internationale de coachs comme l’ICF, qui délivre aussi ses propres certifications.

Les principes communs à ces codes sont simples : confidentialité des échanges, respect de l’autonomie du coaché, transparence envers l’entreprise sur le cadre de l’accompagnement mais pas sur le contenu des séances, absence de conflit d’intérêts, et orientation vers un autre professionnel lorsque la demande dépasse le champ du coaching.

Le premier entretien reste enfin le meilleur test. Un bon coach pose des questions, écoute plus qu’il ne parle et ne promet pas de résultats miraculeux. Se sentir en confiance avec lui est la première condition de réussite d’un coaching professionnel.